Cette exposition se propose de retrouver à travers la peinture, la photographie, la sculpture, dans les années 30, la thématique de la femme, représentée jusqu’alors le plus souvent par des hommes qui idéalise celle-ci. En effet, à partir du XIX ème siècle, plusieurs facteurs (économiques, scientifiques et sociaux) viennent bouleverser la représentation de la femme. La photographie tout d’abord, fixe si exactement dans un moment de leurs vies, ces femmes, autant de témoins, de matériaux, de documents, non plus considérées dans l éternité et l’être, mais dans la diversité d’une société qui vient de traverser la première guerre mondiale. Elle remet en cause son histoire, sa sociologie des sexes, son évolution psychologique et morale. Une société qui permet aux femmes, en général, de s’intégrer dans le monde du travail, mais aussi dans le monde artistique. D’ailleurs, ce mouvement s’accentue dans l’entre-deux-guerres. Elles viennent aiguiser leurs talents de peintres comme Emilie Charmy, …. dans le creuset artistique et intellectuel qu’est le Paris des années 30. Il en est de même pour la photographie. L’effervescence parisienne, lieu où la mode est réinventée par Madame Chanel, modifie profondément l’image non plus de la femme magnifiée, mais des femmes au quotidien. Les codes esthétiques et moraux ne sont plus ceux du XIX ème siècle. La guerre a englouti la Belle Epoque pour laisser place à un nouveau siècle qui s’approprie le progrès de la science, qui réinvente les limites des sexes et du genre. Un médium comme la photographie, propice aux échanges entre amis, à travers la presse, contribue à amplifier le phénomène à l’échelle mondiale.
Les femmes sont toujours peintes, photographiées et sculptées par des hommes avec un fétichisme sous-jacent, mais elles sont aussi redécouvertes par le prisme féminin. Elles revendiquent une émancipation politique et argumentent pour une semi-liberté conquise durant le conflit de la première guerre mondiale. L’avancée technique de l’image, grâce aux reproductions, à l’impression rapide à grande échelle de la presse magazine, du développement de la publicité, du cinéma et de la photo d’art, de la littérature comme « la Garçonne de Victor Margueritte » ou celle de Colette, façonne une nouvelle image des femmes des années 30. Depuis les symbolistes, la femme n’a jamais été autant fantasmée, sublimée, exposée dans sa réalité de femme où d’icône du cinéma, de la peinture, de la sculpture qu’entre 1920 et 1936.
Les œuvres réunies pour cette exposition ne sont qu’une évocation de la représentation de la femme des années 30 par des artistes masculins et féminins, témoins de leur temps ou de leurs fantasmes, ou tout simplement amoureux des femmes des années 30.
Des regards marqués par une esthétique qui cherche à fixer sur la toile, la pellicule ou dans la matière, la beauté féminine, un nouvel idéal féminin en ce début du XXe siècle.